LES
ILES ALEOUTIENNES
Les
îles aléoutiennes forment un long
archipel d'îles volcaniques, qui
s'étend en demi-cercle depuis l'Alaska
jusqu'au nord-est de l'Asie.
Le
climat des Aléoutiennes est très rude
et bien que la mer ne gèle pas dans
cette région, il n'y a pas d'arbres sur
ces îles, à l'exception de bouleaux
nains et de saules rachitiques.

LES
ALEOUTES
Jusqu'au
début du 20ème siècle, la population
des Aléoutiennes avait conservé un mode
de vie traditionnel. Les Aléoutes
vivaient surtout de la pêche et de la
chasse aux mammifères marins : otaries,
baleines, et loutres.
L'aléoute
chasse en kayak (la Baïdarka), outil
indispensable. La chasse s'accompagne de
rites ancestraux, puisant leurs sources
dans la mythologie aléoute.

Le
chasseur utilise plusieurs types de
harpons, garnis de flotteurs. Pour la
chasse à la loutre par exemple, il
emploie le harpon traditionnel lancé au
moyen d'un propulseur en bois, ou alors
un harpon qui glisse sur l'eau une fois
lancé.
En
kayak, l'Aléoute est vêtu d'une longue
parka imperméable, faite de boyaux
cousus très serrés vers l'intérieur,
parfois ornée de petites plumes : la
kamleika.
La
partie la plus curieuse du vêtement est
la coiffure. C'est une sorte de chapeau
en forme de cône asymétrique, avec une
grande visière qui protège les yeux.
Elle
est fabriquée dans une fine plaque de
bois polie, formée à la vapeur, puis
ornée de moustaches de phoques,
d'incrustations d'ivoire et de diverses
ornementations.

L'Aléoute
navigue toute l'année dans une région
battue par des vents violents, dans une
mer souvent difficile, et des courants
très forts. Il se déplace d'île en
île parfois distantes de plusieurs
dizaines de milles. Son kayak est adapté
à ces conditions de navigation.
LA
BAIDARKA
La
Baïdarka est le nom donné par les
marins russes au kayak des Aléoutes.
C'est un bateau solide, construit en bois
flotté et recouvert de peau d'otarie.
Quatre ou cinq peaux d'otarie suffisent
à recouvrir la carcasse du kayak.
La
Baïdarka n'a cessé d'évoluer au fil
des décennies, comme le montrent les
recherches de David W.ZIMMERLY dans son
livre "QAJAQ". Par contre, ce
kayak a toujours été construit avec une
étrave double ( de formes diverses selon
les époques) et un étambot. Ce sont ces
deux particularités de la charpente de
la Baïdarka qui lui donnent toute son
originalité.

Le
siège de la Baïdarka est placé très
en arrière, le pont est rigide et
construit en bois épais.
L'Aléoute
apporte un soin particulier à son kayak.
Pour lui, il est le compagnon de tous les
jours, et il le considère comme un être
vivant. De ce fait, il sculpte sur la
charpente de son bateau une ligne peu
profonde qui fait le tour du kayak, ligne
symbolisant "l'âme" du kayak.
Les membrures sont peintes en rouge pour
figurer ses vaisseaux sanguins. La
Baïdarka est souvent décorée
d'amulettes et de divers motifs colorés,
ou d'une figurine de bois représentant
sans doute la peau d'une loutre.
La
Baïdarka Plasmor , conçue par Christian
SCALBERT, s'inspire d'un modèle
découvert en 1934 sur l'île Atka
(située au milieu de l'Archipel des
Aléoutiennes).